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Berlin entre culture alternative et street art

Le Berlin Underground

Le Berlin Underground

Berlin entre culture alternative et street art ,

Le Berlin underground : la face cachée de Berlin dévoilée entre culture alternative et street art.

Berlin est l’une des villes les plus underground d’Europe, ce qui signifie qu’elle est le bastion d’une culture alternative, expérimentale et d’avant-garde, en dehors des circuits commerciaux officiels et traditionnels.

La fin de la Guerre Froide marque un renouveau à Berlin et ses vastes espaces abritent des sites hors des sentiers battus. Métropole du Street art, cette cité cosmopolite regorge de lieux atypiques et authentiques que les amateurs de ce qui sort de l’ordinaire seront ravis de découvrir.

EMERGENCE DE LA SCÈNE UNDERGROUND : BERLIN-EST VERSUS BERLIN-OUEST

L’existence du Rideau de Fer favorise l’émergence d’une culture underground dans le Berlin divisé. Entre un Berlin-Est où la dictature laisse peu de place à la liberté individuelle et un Berlin-Ouest où tout est permis, un mode de vie alternatif et une scène artistique commencent à se développer dans la partie occidentale de la ville. L’îlot de liberté isolé dans la zone soviétique attire des gens peu ordinaires qui exprimeront leur créativité dans la ville du tout est possible.

Entre art, musique, communautés et squatteurs, la scène confinée derrière le Mur de Berlin fait la part belle à la sub- et pop culture dont les leaders sont David Bowie, Nick Cave, Joy Division ou la Neue Deutsche Welle (Nouvelle Vague allemande). Les musiciens jouissent d’une grande autonomie et viennent s’amuser dans un Berlin-Ouest pauvre et subventionné, les loyers y sont dérisoires.

La menace d’une guerre nucléaire est très présente et cette ambiance fin du monde donne une atmosphère particulière à la ville underground : mélancolique, maussade et angoissante, mais qui regorge d’inventivité pour ne pas tomber dans l’ennui. Les magasins punks laissent des espaces aux artistes pour être sur le devant de la scène, manifestations et combats de rue sont menés par la scène anarchiste et le fameux festival de musique électronique Love Parade voit le jour en 1989.

De cette époque, nous avons des témoignages troublants, comme l’histoire vraie de Christiane Felscherinow vivant dans le Berlin-Ouest « sauvage, relatée dans l’ouvrage « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée » (Wir Kinder vom Bahnhof Zoo, 1979). Le titre de sa biographie résume bien sa vie. Ce sont les années années 1980 auxquelles succèderont un nouveau tournant suite à la Réunification de l’Allemagne.

Berlin entre culture alternative et street art

KREUZBERG, UN QUARTIER UNDERGROUND DE BERLIN: INSOLITE ET EN MARGE

Au début des années 1970, la ville de Berlin-Ouest connaît un mouvement underground qui prend de plus en plus d’ampleur : celui des squats. Des communautés de personnes de tous âges, engagées politiquement, s’approprient de manière illégale des lieux, la plupart du temps à l’abandon et voués à la destruction, et les restaurent pour y habiter et y vivre en autogestion.

À cette époque, les anarchistes berlinois ont élu domicile dans le quartier de Kreuzberg, qui se trouve dans le secteur américain, et qui ne comptera pas moins de 80 immeubles ou anciennes usines squattés à la fin des années 1980.

Ces squats insolites se trouvaient principalement dans la zone surnommée le « Kreuzberg 36 », du nom du code postal de cette partie du quartier, située la plus proche du Mur de Berlin. Une forte identité de révolte et de contestation en sera la caractéristique principale, qui subsiste encore aujourd’hui. En effet, cette « tradition » mêlée de rébellion et de résistance s’affiche notamment dans des bâtiments hérités de cette époque tel que le Bethanien, un ancien hôpital réhabilité en centre culturel toujours actif.

À présent, le quartier de Kreuzberg est un lieu de vie authentique. Du fait d’une grande partie de la communauté turque qui y réside, il est surnommé « la petite Istanbul » et nous vous recommandons d’ailleurs un tour au marché turc hebdomadaire situé au bord du canal.

Il est bon de flâner dans les rues de cet arrondissement comme dans la Oranienstrasse, où se trouvent majoritairement des cafés, restaurants et boutiques tous plus originaux les uns que les autres.

ART URBAIN : LE STREET ART, UN DES ASPECTS EMBLÉMATIQUES DU BERLIN UNDERGROUND

Le côté underground de Berlin vient notamment de sa scène Street art très active. Certains endroits sont de vraies galeries à ciel ouvert permettant aux artistes d’exprimer leur créativité sous différentes formes : dessins, pochoirs, collages, peintures murales, graffitis, etc.

Cet art urbain anti-système et éphémère doit être appréhendé dans son contexte social et politique. D’un art subversif à des œuvres qui favoriseraient un côté plus esthétique, le Street art permet de découvrir un Berlin Authentique en sortant des sentiers battus.

Ce courant d’avant-garde prend sa source dans le mouvement graffiti né à la fin des années 1960 aux États-Unis. Du fait de l’occupation des troupes militaires américaines en Allemagne, il émerge au temps de la division du pays pour proliférer après la Réunification. De nos jours, Berlin est l’une des grandes capitales européennes du Street art et de nombreux visiteurs explorent les quartiers alternatifs à sa recherche.

Jadis des artistes tels Keith Haring ou Thierry Noir s’étaient attaqués au Mur de Berlin. Depuis, de grands noms tels que Banksy ou JR ont laissé leurs œuvres sur les (autres) murs de Berlin et une foule d’artistes locaux et internationaux ravissent à l’heure actuelle le regard des passants de leurs créations colorées.

LIEUX ALTERNATIFS : SORTIR DES SENTIERS BATTUS ET VOIR BERLIN AUTREMENT GRÂCE AU STREET ART

À côté du Berlin classique qui permet de tout savoir sur l’histoire passionnante de cette ville, se trouve un autre Berlin. Dans les années 1990, ce sera au tour des anciens quartiers de la RDA d’expérimenter la vague de squat venue de l’Ouest.

Dans l’ex Berlin-Est, de nombreux appartements, usines désaffectées et autres locaux sont laissés à l’abandon : un nouveau souffle de vie leur sera insufflé grâce à des occupations inattendues. Un des plus célèbres exemples était le Tacheles, dans le quartier de Mitte, squat occupé pendant une douzaine d’années par des artistes internationaux. Si le Tacheles a dû fermer ses portes sous la pression des investisseurs, il reste actuellement d’autres sites undergrounds à visiter.

Située elle aussi à Mitte, la Haus Schwarzenberg est une structure associative culturelle unique à Berlin qui allie ateliers d’artistes, cinéma d’art et d’essai, monuments commémoratifs, bar, galeries ainsi qu’entreprises commerciales. Les cours de cet édifice original sont un vrai musée du Street art à l’air libre en perpétuel changement. Au premier étage du bâtiment arrière, en empruntant un escalier jonché de tags, d’affiches et de graffitis, vous entrez dans la galerie Neurotitan.

Les amateurs d’art et de musique électronique trouveront ici une offre inhabituelle reflétant la diversité de la scène artistique et culturelle berlinoise. La galerie et la boutique présentent principalement de jeunes artistes.

Tout aussi étonnante est la friche industrielle du R.A.W. implantée dans le quartier de Friedrichshain. Après plus de cent ans d’utilisation par les chemins de fer allemand, le site du R.A.W. offre un immense espace au cœur de la ville accueillant un grand complexe dédié aux domaines de l’art, de la culture, de la musique, de la fête et des loisirs. Depuis plus d’une vingtaine d’années, bars, clubs, salles de concert et de sport ou encore marchés aux puces sont plantés au milieu d’un décor 100% Street art.

Nous vous conseillons un détour par l’espace artistique indépendant Urban Spree, consacré aux cultures urbaines. Un foisonnant programme combinant expositions, concerts et festivals permet la découverte de  talents cachés de la subculture. La galerie associée à une boutique-librairie est l’endroit rêvé où dénicher des ouvrages en plusieurs langues sur le graffiti et la photographie, ainsi que quelques perles rares sous forme de sérigraphies originales.

Sachez cependant que tous ces sites undergrounds sont en péril. Le slogan de la ville fut pendant longtemps « Berlin est pauvre mais sexy », mais quelle est sa pertinence à l’heure qu’il est ? Berlin a été rattrapé comme la plupart des villes à la mode par un phénomène que l’on nomme la « gentrification ». C’est un processus complexe qui entraîne notamment la fermeture des squats les uns après les autres et les lieux alternatifs peinent à survivre, même s’ils font partie intégrante de l’identité de la ville.

La vie nocturne, autre caractéristique du Berlin underground, atteste encore de la belle époque reflétée par l’existence d’une grande variété de bars et de clubs atypiques qui font la réputation de la capitale. Cependant, ils sont menacés eux aussi d’expulsion s’ils logent sur un terrain intéressant de près les pléthores d’investisseurs qui rebattissent la ville. Ils incarnent pourtant, au même titre que les autres lieux alternatifs, l’âme de Berlin.

COMMENT SE RENDRE À KREUZBERG

– En métro : arrêts Kottbusser Tor (U8/1/3) et Schlesissches Tor (U1/3);

– En bus : ligne M29 tous les arrêts entre Moritzplatz et Görlitzer Bahnhof;

– Avec notre visites Guidées de Berlin : BERLIN AUTHENTIQUE. Un guide vous conduira directement dans les lieux les plus fascinants.

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