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Le Bunker d’Hitler à Berlin

Le Bunker d’Hitler à Berlin

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Le Bunker de Berlin, où Hitler s'est suicidé, est aujourd'hui le parking le plus visité du monde.

Il ne reste plus aucune trace du Bunker et de la Chancellerie d’Hitler à Berlin. C’est aujourd’hui un parking avec un petit panneau, situé près d’un lieu appelé aujourd’hui « Topographie de la Terreur » : l’ancien quartier général de la Gestapo et la SS.

Même s’il ne reste plus grand chose à voir, c’est un endroit qui nous oblige, nous les guides, à reconstruire avec des mots ce que les bombes et le temps ont complètement détruit et c’est aussi cet endroit qui met Adolf Hitler exactement à sa place.

QU’EST-CE QU’UN BUNKER ?

Le mot bunker, dont l’origine est allemande, fait référence à une construction en béton armé. Il s’agit généralement d’un endroit souterrain qui sert de refuge pendant les bombardements.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, des constructions similaires ont proliféré dans la plupart des villes allemandes, et à Berlin il y en avait plusieurs types : le plus célèbre de tous est appelé le Führerbunker: le Bunker d’Hitler.

La plupart de ces structures à Berlin étaient des bunkers surélevés – que l’on nomme en français “blockhaus” –  et certaines peuvent encore être visitées. Mais ce n’est pas le cas du Bunker d’Hitler, qui n’est qu’un souvenir enfoui.

L’HISTOIRE DU BUNKER D’HITLER À BERLIN

Le soi-disant Bunker d’Hitler à Berlin est une destination de pèlerinage pour de nombreux visiteurs curieux, bien que cela ne soit qu’un parking.

Le célèbre bunker se composait de deux parties, chacune ayant des fonctions différentes: l’une était destinée au dictateur et à son environnement personnel, l’autre était plutôt adressée à l’appareil bureaucratique.

En 1935/36, la société Hochtief AG construit le premier « abri antiaérien » officiel (épaisseur de plafond : 1,60 m, épaisseur de paroi : 1,20 m), lors de l’édification d’une nouvelle salle de réception diplomatique pour l’ancienne Chancellerie du Reich. Cet abri, nommé Vorbunker en allemand, fut probablement utilisé par Hitler lors des premiers raids aériens britanniques sur Berlin en août 1940.

En janvier 1943, Hitler commande un nouveau projet à son architecte Albert Speer. Comme l’abri antiaérien de la Chancellerie du Reich n’a qu’une faible épaisseur de plafond, un autre bunker plus résistant doit immédiatement être construit dans le jardin. L’architecte Carl Piepenburg va reprendre les travaux de l’édifice. Les équipes du bâtiment de Hochtief AG commencent à creuser une fosse d’environ 10 mètres de profondeur dans le jardin de la Chancellerie du Reich, devant le hall de réception.

La construction du nouveau bunker est achevée en octobre 1944. Le complexe d’abris, avec son béton armé deux à trois fois plus épais, doit résister aux types de bombes alliées les plus puissants connus en Allemagne jusqu’à présent. Les dimensions intérieures totales du Vorbunker et du Führerbunker sont d’environ 15 mètres sur 20, et les hauteurs intérieures dépassent à peine 3 mètres.

La tour de ventilation à côté de l’entrée du jardin ne sera bétonnée qu’à mi-chemin. Une deuxième tour en forme de cône dessert l’air évacué, mais est réinterprétée à tort dans diverses publications d’après-guerre comme une tour d’observation et de défense.

Le 20 mars 1945, une cinquantaine d’hommes – une délégation dispersée des Jeunesses hitlériennes et de la division SS « Frundsberg » – se trouvaient dans le jardin de la Chancellerie du Reich. S’étant distingués par des actes de désespoir contre l’avancée des chars soviétiques, Hitler leur décerne la Croix de Fer pour leurs « actes héroïques » en présence de cameramen et de photographes qui ont documenté cette dernière apparition publique du Führer. Ensuite, Hitler s’en retourne dans son bunker.

Hitler « célèbre » son 56ème anniversaire le 20 avril 1945 dans le Führerbunker.

Le 30 avril 1945, Hitler et sa femme Eva, née Braun, qu’il vient d’épouser dans le bunker, se suicident dans l’après-midi. Les corps sont brûlés dans le jardin devant la sortie du bunker.

Peu de temps après, c’est au tour des six enfants de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande et nommé par Hitler comme nouveau chancelier du Reich dans son testament peu avant, de mourir des mains de leur mère Magda. Joseph Goebbels et son épouse se suicideront également par la suite.

LE BUNKER D’HITLER APRÈS LA GUERRE

Le bunker du Führer est détruit en décembre 1947 par les Soviétiques. Les deux tours de ventilation et la structure d’accès se brisent, toutes les cloisons du bunker sont détruites, le plafond est déplacé de 40 centimètres par la force de l’explosion.

Avec la construction du Mur de Berlin, le territoire où se trouve le Führerbunker fait partie de la zone frontalière immédiate côté soviétique. Après la découverte de quelques tunnels routiers oubliés sous le Tiergarten, du côté ouest de la Porte de Brandebourg, la Sûreté de l’Etat  (Stasi) de la RDA commence à enquêter sur le site de l’ancienne Chancellerie. En 1973, pour la première fois, le Vorbunker et le Führerbunker ont été rouverts, mesurés et photo documentés, mais peu de temps après ils sont à nouveau scellés.

En 1986, la RDA entreprend sur le site de l’ancien bunker l’édification de nouveaux complexes résidentiels dans la Otto-Grotewohl-Strasse (rebaptisée Wilhelmstrasse en 1993), les débris étant enlevés jusqu’à sept mètres de profondeur. En 1988, le plafond définitif du Führerbunker a été retiré, et la dalle de plancher ainsi que les murs extérieurs ont été conservés en raison des coûts élevés de démolition.

Après une destruction laborieuse du plafond en béton armé, la cavité restante est remplie de gravier, de sable et de gravats à la fin de l’automne de la même année. Depuis lors, il y a un parking et un espace vert au-dessus.

LE BUNKER D’HITLER AUJOURD’HUI

Ce que nous savons des derniers mois passés dans le bunker nous vient des témoignages des personnes qui étaient présentes. Nombre d’entre eux ont été interrogés par les Alliés et certains se sont à nouveau adressés aux médias des décennies plus tard. Sur la base de ces histoires et de la documentation existante, nous pouvons nous faire une idée plus ou moins claire de ce qui s’est passé.

Beaucoup de ces sources ont également été utilisées pour le film « Der Untergang »  (“La Chute”, 2004), narrant les derniers jours d’Hitler. Et c’est ce film qui a fait de cet endroit, que l’Allemagne elle-même avait laissé dans l’oubli, une véritable attraction touristique.

Bien que le bâtiment ait été détruit après la guerre et que la plupart des Berlinois ne savaient pas où il se trouvait, le bunker d’Hitler est aujourd’hui un point essentiel pour les visiteurs à Berlin. De nombreux groupes avec leurs guides se rassemblent au milieu d’un espace insignifiant qui, à première vue, pourrait être associé aux banlieues de n’importe quelle ville. Mais nous sommes au cœur de la capitale allemande et du quartier gouvernemental nazi.

En diverses langues, les différents guides qui passent par ici, parfois avec humour parfois avec une certaine solennité, tentent de traduire cet espace à ceux qui arrivent dans la capitale de l’Allemagne. En tout cas, trouver des traces de cette figure centrale du XXe siècle en ce lieu demande de l’imagination, et un bon guide est indispensable.

HITLER ET BERLIN : UNE RELATION COMPLIQUÉE

La vérité est que Berlin n’a pas trouvé d’autre moyen de se rapprocher de l’homme dont elle n’a jamais voulu mais dont elle est inévitablement devenue synonyme. Hitler n’aimait pas Berlin et Berlin n’a jamais été une « ville du mouvement » – c’est ainsi que les nazis appelaient le projet politique d’Hitler. Cependant, quand vous dites « Berlin », vous pensez immédiatement aux 12 années pendant lesquelles Hitler a gouverné l’Allemagne dans le monde entier.

Cet endroit nous montre peut-être comment la société s’est tenue et se tient toujours à l’égard des nazis, surtout si on la compare à ce qui a été construit et transformé en monuments dédiés aux différents et nombreux groupes de victimes.

En effet, si ceux poursuivis par la persécution nazi – dont le souvenir est honoré via les mémoriaux alentours comme celui des Juifs assassinés d’Europe, du peuple Rom ou bien des homosexuels – occupent une place importante dans la mémoire collective, le tyran ne méritait rien de plus qu’un lieu vide, qui n’invite pas à l’oubli mais plutôt à diminuer son importance.

Ses crimes n’ont pas été oubliés, mais ils font actuellement l’objet de discussions dans un parking. Pour un homme qui voulait être au centre du monde, c’était sans aucun doute une destination bien peu flatteuse.

COMMENT SE RENDRE AU BUNKER

En métro: arrêt Brandenburger Tor (lignes U55, S1, S2) ou Mohrenstrasse (U2)

En bus: arrêt Wilhelmstrasse (ligne de bus 200, 300, M48)

À pied : depuis la Potsdamer Platz, du mémorial des Juifs Européens assassinés ou de la Porte de Brandebourg

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